05.05.2012
Un re-redémarrage...
Bonjour,
après un très long silence et une relance avortée de ce blog, je vous prie de bien vouloir trouver sa nouvelle déclinaison "MOAM BOAM" à l'adresse suivante : http://moamboam.wordpress.com/
Merci!
Jennifer
22:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.02.2011
Changement d'adresse
Bonjour, ce blog continue ici...
23:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.10.2008
Jacasser sur des montagnes de douleurs – saccager la pensée
La pensée réflexive nous donne l'occasion dans sa rigueur de nous dégager des systèmes de représentations et des idéologies qui nous aliènent. Nous permettant d’en analyser les ressorts et les attendus, elle nous offre les moyens de combattre les dispositifs oppressifs que sont les systèmes tyranniques, génocidaires, patriarcaux, etc.
A rebours d'une telle pensée éclairante existent mille et une manière de se voiler la face – c’est une habitude qui nous tient et qui nous conduit à appeler « vie privée » ce qui relève des violences conjugales, ou qui nous pousse à désigner comme étant de la « mauvaise gouvernance » le fruit de la dictature et du règne de la peur…
Ce faisant, nous dressons de fallacieuses murailles entre le réel et nous-mêmes, et organisons notre impuissance et nos défaites les plus tragiques.
Aussi, le jeu de la dramatisation des enjeux et de la confusion insensée des concepts, pour servir toute cause que ce soit - y compris les plus nobles -, est-elle grosse d’échecs à venir. Et ces débâcles programmées auront lieu sur les fronts les plus fondamentaux de la pensée humaniste – ceux qui promeuvent le respect des droits humains.
Ainsi l’assertion selon laquelle « les mots n’ont pas de sens » est-elle désastreuse et renvoie-t-elle à une conviction qui semble malheureusement ancrée dans bien des esprits. De fait, entendre Jean Ziegler – dont l’indignation est incontestablement fondée –, proclamer qu’il faut un « tribunal de Nuremberg » pour juger les responsables – notamment – de la crise alimentaire mondiale, est une illustration désespérante d'un tel ancrage.
Le tribunal de Nuremberg - dont les réalisations furent à plusieurs titres insatisfaisantes - s’est proposé de juger des hommes qui ont développé un projet très précis, rigoureusement conçu et mis en oeuvre : l'extermination de l’humanité – d’une partie de l’humanité.
Les crimes qu'ont commis les hommes en question sont très spécifiques et ont consisté en la mise en place, en l'entretien et au développement d'un système génocidaire. Les accusés jugés coupables ont encouragé/organisé/participé à des massacres de masse. Ils ont prêté la main à d'innombrables crimes contre l'humanité – torture, viol...
Or aussi criminels que soient les choix et les comportements qui nous ont conduits à laisser mourir de faim une partie de cette humanité, elle ne relève tout simplement pas de cette logique – un projet d'extermination. La mondialisation désastreuse des spéculateurs sur les produits alimentaires et du capitalisme financier globalisé mariant fonds mafieux et fonds « honnêtes » est le fruit de multiples démissions – celles des citoyens des démocraties aussi –, manipulations, lâchetés, etc.
Aussi, la recherche de « responsables » à traduire devant un tribunal de Nuremberg est-elle un remède dérisoire, voire lamentable en ce qu'elle renvoie à cette bonne vieille chasse au bouc émissaire – et à son sacrifice. Cette aspiration à la crise paroxystique qui laverait le corps social et lui permettrait d'entrer dans un monde meilleur, le fait que Monsieur Ziegler identifie une solution dans la crise qui dévaste bien des pays la révèle.
La pensée de ce membre du Conseil consultatif des droits de l'homme de l'ONU renvoie ici à de vieilles marottes de l'humanité, qui l'ont conduite à écrire certaines des pages sanglantes de son histoire. Les diatribes de ce haut-fonctionnaire sont à même de faire suffoquer d’indignation les âmes sensibles et empathiques; mais d'offrir des solutions – point.
Ce n'est pas au moment du cataclysme qu'il faut penser à aménager les fondations de sa maison – il faut y penser avant, bien avant – et à défaut, après, si l'on a survécu. Aucune rédemption ne sortira par miracle de toutes ces crises auxquelles il nous est donné de faire face aujourd'hui.
Il faut y travailler, et cela commence par chasser rigoureusement la pensée complaisante, approximative, confondante et facile telle que nous la sert ici Jean Ziegler, ce monsieur en l'occurrence mal inspiré.
23:53 Publié dans Fondements - Droits humains, International, ONU, Politique Mondiale | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, onu, crise, droits humains
08.10.2008
Ce brave Pat Sweeney
Pat Sweeney tient le bon bout – le bout qui pourrait nous mener à donner un jour la place qui leur revient aux droits humains –, et ce même si son intuition ne le mène pas bien loin.
Dans l'article « Pourquoi Pat Sweeney, le syndicaliste "protectionniste" du Michigan, va voter Obama » (Le Monde, 07/10/08) , ledit syndicaliste a cette phrase qui nous rappelle une chanson de Didier Super: « Je suis pour une mondialisation où le travailleur du tiers-monde accède à mon niveau de vie, pas celle où mon niveau est progressivement rabaissé au sien. »
Ce Monsieur estime que pour atteindre ce but, il faut que les Etats-Unis recourent au protectionnisme et mettent fin à une situation dans laquelle «les pays en développement, qui imposent à l'Amérique une "concurrence déloyale" », bénéficient des délocalisations des industries américaines.
Il y aurait beaucoup de choses à dire à propos de cette manière d'envisager les choses. On se contentera de souligner que la solution suggérée par notre syndicaliste est bien sûr complètement à côté de la plaque.
Par contre, pour que les classes ouvrières, laborieuses et moyennes occidentales ne voient pas leur niveau de vie rabaissé à des étiages comparables à ceux des travailleurs chinois, la meilleure solution est de faire en sorte que les travailleurs de ce pays soient protégés par une législation du travail digne de ce nom.
Il faudrait que les Chinois soient autorisés à s'unir pour défendre leurs droits, et qu'ils aient celui de faire la grève, ou de participer à des élections prudhommales... Mais cela n'est concevable qu'en démocratie.
Luttons, donc, pour le maintien du niveau de vie de ce brave Pat Sweeney: faisons en sorte que les droits humains deviennent des composantes structurantes et structurelles de nos politiques étrangères! La solution est politique, toujours politique.
23:04 Publié dans Chine, Etats-Unis, Fondements - Droits humains, Politique Mondiale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, élections américaines, etats-unis, droits humains, économie
06.10.2008
Pas de cet oeil-là
Dans la rubrique « Mon oeil » de Marianne 2, un article revient sur la « une » du journal Le Parisien du jeudi 2 octobre 2008. En effet, cette « une » annonce « + 30 % de femmes battues ». La journaliste de M2 remet en question le bien-fondé de présenter ce pourcentage en première page: ce chiffre a un effet « choc » auquel elle réagit en en minimisant de fait la portée.
Contestant apparemment un choix éditorial, on peut se demander si la journaliste ne tend pas à rétablir dans son article une vision du monde que l'énoncé de ce « + 30 % » tend à déranger passablement. En effet, et quoi qu'en ait Bénédicte Charles, ce chiffre met en évidence à quel point la violence contre les femmes a été dramatiquement sous-estimée en France et ce depuis de longues décennies.
Ce « + 30 % » signifie quelque chose, qu'il soit présenté en « une » - « à la hussarde » -, ou en dernière page du quotidien. Ce pourcentage est le résultat de la mise en place – sur plusieurs années - de dispositifs qui vont dans le bon sens, et de la libération – très relative – de la parole des femmes violentées.
Que le chiffre annoncé ne traduise pas nécessairement une augmentation en flèche du phénomène dénoncé – pour autant que l'on sache - ne change rien à sa signification. Il nous donne à voir que l'ampleur et le caractère répandu des violences que certains hommes exercent contre la femme qui partage leur quotidien renvoie pour nous à la face cachée d'un très gros iceberg.
Sans doute pour rétablir une certaine vision du monde, la journaliste tend à affirmer le côté dérisoire - parce qu'excessif - des 30 % en question. A propos de ce chiffre, elle demande : « Les hommes sont-ils devenus des fous assoiffés de violence qui se défoulent sur leurs conjointes? ». La formulation de la question semble quelque peu ironique.
Et de continuer plus loin: « Les hommes se seraient donc subitement mis à battre leurs épouses et concubines comme plâtre ». Nous sommes tenté-e-s de lui répondre qu'en fait non – et comme elle le sait assurément -, c'est depuis très longtemps qu'une partie malheureusement conséquente de la population masculine – héritière des vestiges d'un système patriarcal et responsable de son choix d'asséner la violence – estime « normal » de battre la femme qui partage son quotidien. Le chiffre mis en « une » par Le Parisien ne fait que remettre quelques pendules à l'heure.
Un autre argument de l'article en question exprime ce qui semble être le désintérêt qu'éprouve l'auteure pour la réalité du problème évoqué. En effet, il est fait référence à une « explication nécanique » pour éclairer la hausse des statistiques relatives aux violences faites aux femmes. Or comme on en vient à considérer les violences conjugales dans toute leur sordide réalité, il n'y a de fait rien de bien surprenant que les « couples pacsés », les « anciens conjoints, concubins et compagnons » soient également pris en compte par la loi, et donc par les statistiques.
Par contre l'affirmation selon laquelle « il est bien plus facile de déposer plainte contre son ex » est très surprenante, ou déplacée. Elle fait assurément preuve d'une méconnaissance – ou d'un déni – de ce que signifie pour une femme – pour une victime – de quitter le conjoint ou le concubin qui la violente. C'est bien là que se trouve l'enjeu pour ces femmes brisées: quitter leur bourreau. Et si elles n'y parviennent pas, on peut être sûr-e-s que ce n'est pas parce qu'elles aiment se faire « massacrer la gueule ».
11:35 Publié dans Femmes, Fondements - Droits humains, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, violences, femmes, marianne 2, droits humains















