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11.04.2008
La partie pour le tout
Nombreux – sinon majoritaires - sont les Chinois de France et de Chine qui veulent que les JO 2008 se déroulent à Pékin dans la sérénité. Nous entendons leurs protestations devant l’humiliation que la presse occidentale, les militants des droits humains et les citoyens des démocraties leur feraient subir.
Ils se sentent pris de haut, méprisés par des Occidentaux qui leur nieraient le droit « universel » d’accueillir les Jeux olympiques. Nous avons aussi entendu quelque personnalité mal inspirée parler de « racisme anti-chinois ».
Il n’est pas question de « racisme anti-chinois » dans la démarche des militants des droits humains et de certains citoyens des démocraties. C’est très exactement le contraire. Les membres de RSF, de solidarité Chine etc., se dressent contre un régime politique qui broie les Chinois, les Tibétains et les Ouïghours. Ce système écrase les individus.
Ce que manifestent les démocrates – Occidentaux ou non -, est une hostilité profonde à l’égard d’un régime politique autoritaire. Il est imposé aux peuples. Il est profondément négateur de leurs droits les plus élémentaires, au premier rang desquels leurs droits politiques.
Se soucier des droits humains en Chine, s’y soucier de démocratie, ne relève pas de la condescendance à l’égard des peuples chinois, tibétain et ouïghour. Personne ne postule que ces peuples seraient incapables de s’adapter aux standards politiques les plus prisés des Occidentaux.
Promouvoir les droits humains et la démocratie en Chine n’a rien à voir avec une quelconque volonté de les imposer au monde entier par vanité ou on ne sait quel goût de l’impérialisme, on ne sait quelle nostalgie du colonialisme. Nulle valeur asiatique – pas plus qu’africaine ou indienne -, nulle incapacité fantasmatique ne saurait déchoir les Chinois, les Tibétains et les Ouighours de leur statut d’êtres humains.
Parce qu’ils appartiennent à l’humanité, comme n’importe quel Occidental vivant dans un État de droit démocratique, leurs droits doivent leur être reconnus. Il ne s’agit que de cela.
Certains répondront que les Chinois veulent dans leur majorité la tenue de ces fameux JO. Peut-être même qu’ils se déclareraient dans leur majorité écrasante en faveur du Parti communiste chinois (PCC) – personne n’en sait rien puisque personne ne le leur a demandé jusqu’à présent. Et pour cause : il n’y a pas d’élections libres en tyrannie.
Et quand bien même : même si le peuple chinois était en accord dans son écrasante majorité avec ce système politique dictatorial, rien ne nous obligerait, nous, citoyens des démocraties, à délivrer un quelconque quitus aux oligarques dictatoriaux.
Et nous avons le droit et le devoir de nous tenir du côté des dissidents - nous partons du principe que les minorités doivent être protégées, a fortiori lorsqu'elles sont porteuses d'un message humaniste et démocratique.
Il est de notre responsabilité de rappeler notre désaccord fondamental d’avec ce mode de gouvernement, au nom de ce savoir : tous les êtres humains appartiennent à l’espèce humaine et ont à ce titre des droits inaliénables. C’est vrai indépendamment de la latitude et de la longitude, indépendamment de l’appartenance à on ne sait quelle civilisation.
Il relève de notre droit politique le plus élémentaire non seulement de ne pas soutenir la dictature, mais de manifester notre opposition à ce système. Que l’on nous laisse donc user de ce droit ! Nous ne voulons pas que nos représentants politiques délivrent un quitus au pouvoir chinois pour qu’il continue à opprimer son peuple en toute impunité.
Nous ne voulons pas que nos dirigeants assistent – et c’est une requête a minima -, à la cérémonie d’ouverture des JO. C’est notre droit de démocrates, c’est aussi un devoir. Il s’agit de nos droits politiques, et nous devons aussi les protéger et les promouvoir.
Ce faisant, nous ne prenons pas le tout pour la partie : nous distinguons très nettement le peuple chinois, qui subit un système inique, et l’appareil d’État dictatorial. Loin de manifester un quelconque racisme anti-chinois, nous proclamons que nous sommes humains, et que les Chinois, les Tibétains et les Ouïghours, aussi !
10:35 Publié dans Chine , Fondements - Droits humains , Jeux , Politique Mondiale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Chine, Jeux olympiques 2008, JO, droits de l'homme, international















