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13.04.2008
Cela va finir par se voir, Monsieur Védrine.
Des personnalités se réclament du réalisme en politique - à tort. Monsieur Hubert Védrine en fait partie.
Cet ancien ministre est, comme chacun le sait, très brillant et extrêmement habile. Son propos sur les droits humains et les «droits-de-l’hommistes» - expression Ô combien condescendante pour ne pas dire plus -, n’en n’est que plus corrosif et déstabilisateur. Mais parfois, des manœuvres ressemblant à ce que nous pourrions appeler de la manipulation sautent aux yeux. La fragilité de la position politique du personnage saute alors aux yeux.
Cela se passe en avril 2008 dans l’émission de Public Sénat animée par Jean-Marie Colombani, « Faces à faces ». Il reçoit Hubert Védrine. C’est - soit dit en passant - un vrai plaisir que d’entendre le journaliste contredire un homme politique qui, habitué des médias, y est rarement contré. Il marque d’ailleurs un temps d’arrêt lorsque l’ancien dirigeant du journal Le Monde lui fait remarquer courtoisement qu’il va trop loin.
Voici – entre autres choses -, ce que dit l’homme politique : «Oui, mais je le redis, nous voyons bien que les Occidentaux n’ont pas le pouvoir de faire en sorte que la Tchétchénie soit traitée sur une base moderne, normale, démocratique. Ils n’ont pas le pouvoir de faire naître l’Etat palestinien alors qu’une majorité d’Israéliens – ce qui n’est pas le cas des Chinois pour le Tibet -, accepte depuis plusieurs années l’idée d’un Etat palestinien. Nous n’arrivons même pas à convaincre le Liechtenstein d’abandonner des pratiques fiscales contestables. Nous n’arrivons même pas à convaincre le Président Ben Ali en Tunisie d’arrêter d’emprisonner des gens sous prétexte que ce sont des Islamistes dangereux alors que ce sont des opposants modérés normaux. Alors qu’est-ce qu’on veut faire ? Je suis obligé de dire cela par honnêteté, par rapport aux gens qui écoutent. (…) ».
Par honnêteté envers les gens qui liraient ce blog, nous sommes obligés de relever ce propos. Dire - comme le fait M. Védrine -, qu’une entreprise a échoué quand elle n'a jamais été lancée relève de la manipulation.
Il en va peut-être de même du fait de comparer des problématiques qui ne sont pas comparables, telles que génocide entrepris en Tchétchénie – on peut dire massacres, tortures et disparitions forcées pour les puristes, mais il s’agit toujours de crimes contre l’humanité -, et la politique fiscale du Liechtenstein.
Toujours est-il que l’exécutif français n’embête pas beaucoup Ben Ali en Tunisie, voire pas du tout. Il s’agit-là d’intérêts entrelacés et contestables. En ce qui concerne Vladimir Poutine et la Tchétchénie, l’exécutif français a préféré lui « claquer la bise » plutôt que de chercher à faire pression sur lui pour qu'il fasse cesser les exactions.
En ce qui concerne Israël et la Palestine, il est très évident que ce sujet sensible est une carte maîtresse pour Hubert Védrine. Si les droits humains ont en effet et fondamentalement à faire avec le conflit israélo-palestinien, les Occidentaux s’y sont investis non pas pour faire triompher les droits humains mais bien pour des raisons géopolitiques, et il en va de même des États arabes concernés, et d’Israël.
Il peut être intéressant de reprendre l’interview de l’ancien ministre depuis le début. Jean-Marie Colombani lui demande «comment fait-on avec la Chine?» et «est-il complètement irréaliste et utopique de penser que nous pouvons nous faire bouger la Chine – ou si c’est totalement aberrant?»… (à suivre).
10:45 Publié dans Chine , Fondements - Droits humains , France , Jeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, France, Védrine, PS, JO, droits de l'homme, international















