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15.04.2008

Au commencement n’étaient pas… les biftons

fc711c61d383da4147597b2c2024ec77.gifL’omniprésence économique de la Chine est tétanisante : difficile de prendre du recul vis-à-vis de ce «partenaire» économique et de garder la tête froide une fois que l’on a pris acte de son ubiquité.

L’Etat chinois tient certaines des clefs de notre croissance économique. Cela nous incite au silence. De peur de marginaliser économiquement nos pays, nos représentants politiques s’interdisent d’user des moyens diplomatiques à même d’exprimer notre désaccord face à la dictature.

Nos élus ne se sentent plus – ne se veulent plus - autorisés à s’exprimer librement et en conscience dans les enceintes internationales. N’est-ce pas un comble que les subtilités diplomatiques soient assimilées à des prises à parti tonitruantes, et repoussées à ce titre?

Nous ne vivons pas la dictature en nos foyers et c’est une grande chance. Pourtant, nous restons mutiques sur la scène internationale, sur des enjeux qui nous sont fondamentaux. Ce silence rappelle de très loin, mais tout de même, celui qu’imposent les dirigeants chinois aux dissidents avérés et potentiels.

af4b2e4228aae7e0529b0631209b2619.jpgAvant la censure, l’auto-censure ? La peur de penser et de s’exprimer librement face – notamment - à l’Etat chinois, semble contagieuse. Nous sommes pris comme par un filet dans ses ondes concentriques.

L’oligarchie de l’Empire du milieu a réussi à exporter une sorte de loi du silence sur la scène internationale. Elle a gagné du terrain. Nous l’avons bien aidée et continuons à la faire.

Des Chinois disent parfois : « la démocratie n’est pas notre premier souci, nous cherchons avant tout à survivre dans une jungle économique ». C’est une chose. Que les démocraties occidentales reprennent à leur compte cet argumentaire en est une autre.

Ne faisons pas l’offense aux Chinois, Ouïghours, Tibétains etc., de nous déclarer aussi démunis qu’ils le sont face à l’Etat chinois. L’affirmer est faux et dénote une capitulation. Le problème des capitulations est que nous savons où elles commencent, pas où elles finissent.

Nous nous sentons plutôt bien dans nos démocraties, et c’est depuis ces démocraties stabilisées que nous nous lançons à la conquête des marchés mondiaux. Nous savons que l’Etat de droit est notre principale force - le capitalisme lui-même ne saurait fonctionner sans règles rigoureuses et respectées. Notre assise dans le monde est aussi un héritage : il provient d’une manière de concevoir notre « être-au-monde » comme étant politique avant que d’être économique.

Ce n’est pas parce que la population chinoise serait l’apologiste enthousiaste et cupide d’une sorte de bizarre sino-ultra-libéralisme qu’elle ne pense pas – peut-être pas – à la démocratie. C’est parce qu’en aucun cas sa majorité ne bénéficie du minimum d’éducation civique, de respects de ses droits, de temps, de garanties procédant de l’Etat de droit, qui lui permettrait de se pencher tranquillement sur la question.

12:15 Publié dans Chine , Fondements - Droits humains , International , Jeux , Politique Mondiale , Tibet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Chine, argent, France, Europe, JO, droits de l'homme