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18.04.2008

Credo

Les animateurs des fronts anti-Sarkozy ont bien du courage. Le recueil des perles, voltes-faces et trahisons a-t-il un sens quand elles se multiplient de la sorte ? A quoi sert de pointer les retournements de veste et les engagements non tenus quand le Chef de l’Etat a naguère dit lui-même - au cours de ses vœux à la presse en 2008 -, « le vocabulaire n’a pas de sens ». C’est un credo.

Les mots n’engagent à rien. Le Président - ses proches aussi sans doute -, est visiblement un redoutable séducteur. Il sait – ils savent – donner à leurs interlocuteurs le sentiment qu’ils comptent et qu’« ils en sont ».Ces derniers sont invités à rejoindre le monde des gens raisonnables conscients qu’il faut parfois être dur et sacrifier des choses. Des choses, oui, mais lesquelles et pour quoi faire ? Insondable mystère. Des choses en tout cas, le plus possible, et le plus souvent possible – et si possible dans une logique de transgression.

Ah quel pincement au cœur, il n’y a pas si longtemps, que de voir ces femmes et ces hommes de terrain, très honorables militants de la cause écologiste – responsables et clairvoyants s’il en est -, séduits par la sensation d’en être. Ah le Grenelle !

A quoi sert aux Parlementaires opposés à la loi OGM de ferrailler sur la question puisque le Grenelle de l’environnement n’« oblige pas » ? A quoi bon montrer son désaccord, puisque le gouvernement s’est organisé en théâtre et met en scène l’opposition en son sein – la manière dont sont rendus les arbitrages in fine ne semble conforme à un aucun projet politique identifiable, mais qu’importe?

Le discours de campagne de Nicolas Sarkozy, le 29 avril 2007 à Bercy, annonçait ce qui viendrait en cas d’élection : d’abord impressionnant par sa force et sa structure, il donnait une sensation d’écoeurement, comme un pudding trop chargé. Des mesures brillantes et foisonnantes y étaient présentées, le seul souci étant leur peu de compatibilité entre elles. Mais qu’importait alors ? Cela n’a d’ailleurs pas compté.

Depuis le début de la session parlementaire, les projets de loi portant sur des enjeux cruciaux défilent à toute allure, trop vite pour être efficacement contrés ou discutés. Le Président, le gouvernement, les Parlementaires UMP, nous mettent tout sens dessus dessous, mais ils ont été élus.

Que faire donc, puisque le débat et le travail parlementaire, s'ils sont essentiels, ne sauraient rien amener de décisif – ou pas grand-chose - avec des dirigeants pareils ? Sans doute passer à l’élaboration d’un véritable projet politique.

On a presque envie de voir le PS spliter pour voir chacun des courants se mettre au boulot sur la programmatique, et que le meilleur gagne ! La synthèse, ça fait pas un programme politique, d’autant moins que nombreux sont ceux qui, au PS furent - et demeurent - séduits par Nicolas Sarkozy. Et le Modem?

19:50 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : France, Sarkozy, Politique, PS, opposition, OGM

Commentaires

Très heureux de te revoir dans la blogosphère !

A très bientôt.

Ecrit par : Jérôme | 20.04.2008

Merci beaucoup!

Ecrit par : Jennifer | 20.04.2008