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29.04.2008

Midas sous acide et truands – très - patibulaires

« Il serait très intéressant de revenir sur le lien établi par ce magistrat - Jean de Maillard - entre le contrôle de légalité impossible au sein de la sphère financière, et l’hyper-contrôle pesant sur le citoyen. »

J’y reviens donc.

Il y a d’autres phrases-clefs dans cet article. Jean de Maillard souligne ainsi : « Aujourd’hui, le salarié absorbe et supporte la totalité du risque économique ». Les entreprises qui jouent à la finance mondialisée sont bien celles qui sont supposées prendre les plus gros risques économiques.

Leurs décideurs et leurs stars ont quitté le monde des travailleurs et des vivants. Ils en ont abordé un autre, dans lequel un trader peut gagner 4 Mds € en un an, et un autre perdre 4,9 Mds € sur des opérations très complexes… sans que mort - de l’entreprise - s’en suive.

Dans le même temps nous observons bien le déport du risque économique sur le citoyen, lorsque les banques centrales – les contribuables - mettent la main à la poche pour renflouer certains des établissements financiers qui pâtissent de la crise financière internationale.

Ils n’en pâtissent pas – in fine – même s’ils connaissent quelques ravages organisationnels et budgétaires. Nous sommes ceux qui pâtissons de leur conduite de Midas sous acide, camouflés derrière de très honorables costumes trois-pièces.

Mais ce qui est encore plus intéressant dans l’interview de Jean de Maillard est son identification des responsables : « Si échec il y a, c’est plutôt celui des politiques, des philosophes, des sociologues, des médiateurs de l’opinion publique qui n’ont pas mené de travail de réflexion ».

Ce magistrat souligne en effet sa conviction acquise de l’inutilité qui serait à présent celle du juge dans la lutte contre l’économie trafiquante, fondue dans la mondialisation financière. C’est qu’au début de sa réflexion se trouve une analyse du crime organisé, de l’économie criminelle.

Crime organisé et économie criminelle ne peuvent plus se penser sans coopération –bienveillance à tout le moins – du pouvoir politique. Elle ne peut pas non plus se penser sans l’adoubement des acteurs « traditionnels » de l’économie mondiale.

La situation nous a échappé au point de voire triompher une globalisation financière complètement folle qui sacre dans un même mouvement les truands et ceux – plus « respectables » à l’origine - qui ont bien voulu devenir leurs compagnons de fortune. Mais si cette globalisation financière existe au mépris de l’humain, elle ne régit pas le monde.

Ce qui régit le monde est le goût de la transgression et la révérence pour le pouvoir de sang et de violence des voyous. Nous – communautés politiques accompagnées de responsables politiques et de journalistes politiques - nous sommes soumis à cette fascination. Et nous avons choisi de ne pas contrarier l’entrée des truands en économie et en politique – en tout cas pas assez.

Il s’agit bien là d’un choix politique.

Cf. Jean-Claude Raspiengeas, « Entretien avec Jean de Maillard ; comment l’économie criminelle dessine le monde de demain », in XXI, n°2, printemps 2008, pp. 156-167.

09:00 Publié dans Fondements - Droits humains , International , Politique Mondiale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, politique mondiale, actualité, économie

Commentaires

Ce qui me sidère et me troue littéralement le cul c'est que de prétendus "philsophes" et autres penseurs auto-proclamés puissent louer ce genre de choses... Bourdieu reviens ! ils ont perdu la tête... Sans même parler de Progoras (le IVè siècle avant J.C. c'est évidemment passé de mode !) qui commandait de mettre "l'humain au centre de toutes choses"... Evidemment icônoclaste à l'époque de l'argent-roi ("fou" bien plus tôt). Osons leur rappeller qu'étymologiquement "économie" signifie "administration de la maison ! Bien singulière demeure où les besoins réels des humais ont si peu de part à la décision de ceux qui nous gouvernent, qu'ils fussent politiques ou économiques.

Ecrit par : Kamizole | 02.05.2008

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