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30.04.2008

Tristes oripeaux de qui se grime en démocrate

70f8109b70553aac6f485113959d1ede.jpgOn ne sait trop ce qui a laissé penser au Président Sarkozy et à son entourage qu’il était possible et souhaitable de se prêter à un exercice comme le discours de Tunis du 29 avril 2008.

Il est raté de bout en bout : sur le fond – Ben Ali est notamment présenté en défenseur du droit des femmes contre les fondamentalistes islamistes (sic !) -, comme sur la forme – les efforts dérisoires de mise en scène et d’élaboration du texte sont incapables de masquer le reniement de soi que constitue l’exercice.

Grâce à Nicolas Sarkozy et à son équipe, nous ne cessons de visiter les coulisses d’un très mauvais théâtre, où l’indigence des acteurs et des pièces ne le dispute qu’à celle des metteurs en scènes.

D’un autre côté, sur la forme, nous leur sommes plutôt reconnaissants d’être d’une maladresse si navrante : leurs prédécesseurs ne l’étaient pas. Ils ont réussi à faire passer comme lettre à la poste des discours et des décisions parfois bien plus terribles – cf. le rôle joué par la France à l’époque du génocide rwandais.

Le Président a donc dit et haut et fort : « personne ne peut se poser en censeur. Je viens d’un continent dont l’histoire, y compris l’histoire récente, recèle des tragédies abominables et je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais (…) de m’ériger en donneur de leçons ».

Expliquons donc à Monsieur le Président qu’il a le devoir de dire aux Tunisiens, au monde, et à Ben Ali, que ce dernier est un tyran qui soumet les femmes, les hommes et les enfants en usant à sa guise de la violence et de la peur.

Cette condamnation du dictateur relève du strict devoir de Monsieur Sarkozy qui est - rappelons-le puisque cela lui aurait échappé -, Président d’une démocratie. Elle repose sur le postulat que les droits humains sont UNIVERSELS. Il faut que Monsieur Sarkozy revoie ses bases, urgemment.

A défaut, la France s'expose à marquer l'histoire par le biais de faits et gestes ineptes et scandaleux. Ne nous voyons-nous pas déjà expliquer que la Tunisie de Ben Ali est porteuse, comme la France, d’une certaine vision de l’être humain (sic bis) ? Ne sommes nous pas déjà priés de voir en lui un soutien au progrès civilisationnel (sic ter)? . Le "soldat Ben Ali" ne doit-il pas - selon l'exécutif français - nous sauver du spectre d’une guerre des religions entre chrétienté et Islam que Monsieur NS agite complaisamment sous notre nez ?

16:05 Publié dans Afrique , Femmes , Fondements - Droits humains , France , International , Politique Mondiale , Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, International, droitsde l'homme, démocratie, Europe, France, Sarkozy

Commentaires

Merci de me "référencer"... à charge de revanche : vous allez figurer désormais sur ma blog-list "affinités sélectives"... Le respect de la démocratie, et de tout ce qui est humain, trop humain sans doute pour certains, doit être inscrit dans mes neurones... Je vous conseille de faire un tour chez ma copine de blog "Circé-45"... dont l'humanité vaut aussi le détour !

Ecrit par : Kamizole | 02.05.2008

Merci pour le référencement, et merci pour la suggestion: je vais de ce pas voir "Circé-45"!

Ecrit par : Jennifer | 02.05.2008

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