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03.05.2008
La honte comme phénomène politique?
Le cynisme est le sens des circonstances. Il est nécessaire en politique. Certaines circonstances en imposent à quiconque est doté d’un minimum de sens politique.
Angela Merkel recevant le prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle est un évènement qui fait date. La Chancelière allemande est incontestablement une chance pour son pays. Elle lui offre un leadership européen.
En face, nous avons le Président de la République française. Il fait preuve à cette occasion d'un manque de sens politique et des circonstances évidents. Ce n’est pas la première fois, mais il atteint ici un genre de sommet.
A Aix-la-Chapelle, il était chargé de donner le fameux prix Charlemagne à Angela Merkel. Il a malheureusement tourné son discours en un compliment douteux. Quel aveugle ne faut-il pas être pour traiter un Chef d’Etat comme Angela Merkel sur un mode égrillard !
Lui qui n’est pas poète a filé une métaphore déplacée. Il a suggéré au mari de la Chancelière qu’il avait motif d’être jaloux des nuits de travail des deux dirigeants. Il a de surcroît appelé le mari de la Dame par le nom de son ex-époux.
La personne qui avait la carrure d’un chef d’Etat à Aix-la-Chapelle était bien la « femme » Angela Merkel ! Celle qui a tous les attributs de la féminité dame le pion au Président français, en stratégie comme en haute politique.
Ce n’était qu'un autre épisode des incongruités que nous verrons pendant cinq ans. Nicolas Sarkozy permet à un certain type de honte de devenir un phénomène politique.
Par "honte", on entend ici un sentiment qui saisit certains d'entre nous à voir le Chef de l'État évoluer comme il le fait, au quotidien de sa pratique politique, et à savoir qu'il représente la France.
Il ne s’agit pas forcément des grandes hontes, comme celles qui nous saisissent lorsque nous savons que l’exécutif français a agi de telle manière que la France ait des responsabilité dans le génocide rwandais.
Même si Kadhafi est venu à Paris, et même si Nicolas Sarkozy a plié le genoux devant Ben Ali et aussi, sûrement, devant les dirigeants chinois, nous ne parlons pas d'une honte d'une profondeur à donner le vertige, à donner la nausée.
Il s'agit davantage d'une honte issue du sentiment que la communauté politique française est devenue dérisoire. Cette meurtrissure, cette écorchure, n'est pas la plus grave que nous ayons subie. Mais elle nous est infligée avec une régularité de métronome par le Président de la République.
Les actes qui inspirent ce sentiment ne sont enfin pas de nature à nous donner les moyens d'une politique internationale et européenne adéquate. De cette perte de crédit - relative, peut-être -, de la France sur la scène globale, nous pourrions tout de même souffrir à terme.
13:10 Publié dans Femmes , France , International , Politique Mondiale , Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Europe, politique, actualité, merkel, sarkozy








