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07.05.2008

Il n’y a pas de catastrophe naturelle

3bf706d64484f02201ba82ae9435af85.jpgCe n’est pas très « naturel », ce qui a semé la désolation en Birmanie ces derniers jours. C’est au contraire assez construit. Il a fallu des années pour parvenir à un tel résultat, des années d’efforts et de rigueur.

Ils ont été déployés par une junte militaire soucieuse de faire son travail de « junte militaire » dans les règles de l’art. C’est avec minutie et constance qu’elle a mises en œuvre les méthodes plébiscitées par tous les criminels politiques : torture – parfois à mort -, terreur, prisons infernales, acharnement sur les femmes des minorités ethniques, répression sanglante, etc

Prévenue 48 heures avant le passage du cyclone, la junte n’a rien fait. Pourtant, en 48 heures, on peut en faire, des choses ! Des tas ! Mais bon, dans l’esprit de ceux qui ont décidé d’exploiter la peur et la souffrance de millions d’âmes, c’est à dieu va, ça passe ou ça casse, we shall see, etc

Soyons clairs, la junte n’est pas à des dizaines de milliers de morts près. Nargis n’est qu’un épisode de plus des avanies – terribles et à grande échelle – que les Birmans sont amenés à supporter sous ce régime criminel ET soutenu par l’Etat chinois… qui ne l’est pas moins.

Alors on est bien naïfs de s’étonner que le premier souhait de la junte ait été de maintenir le référendum sur la nouvelle Constitution - ce texte qui n’a pour but que d’enfoncer le peuple birman plus bas que terre.

On est aussi bien naïfs d’être frappés par le refus des criminels au pouvoir de laisser pénétrer des secours dans le pays. Les criminels politiques pensent « pas d’homme, pas de problème ». On se demande bien pourquoi, tout d’un coup, ils se sentiraient émus par le spectacle du désespoir et de la désolation, aussi massifs soient-ils !

Bernard Kouchner se trompe quand il dit que la junte est une "catastrophe dans la catastrophe". C'est Nargis qui n'est qu'une catastrophe dans la catastrophe.

Nargis n’est pas une catastrophe naturelle, c’est un crime politique.

18:40 Publié dans Chine , Fondements - Droits humains , International , Politique Mondiale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Birmanie, droits de l'homme, politique, actualité, chine, nargis

Commentaires

Je n'ose pas prendre position, faute d'information (celle que j'ai vue sur nos chaînes de télévision était surinterprétée par les journalistes et de façon parfois contradictoire).

Mais j'ai franchement un doute.

Lors du tsunami, je disais (à la presse, mais en mon for intérieur !) : arrêtez de culpabiliser les dictatures militaires sur les catastrophes naturelles. Même le régime le plus autoritaire cherche à éviter qu'un raz-de-marée ne noie ses villes. Même l'armée la plus répressive viendra en aide aux blessés et rétablira de son mieux les routes.

Et là, pour la Birmanie / Myanmar, j'ai un doute. Un doute dont je ne ferais pas bénéficier la dictature.

Ecrit par : FrédéricLN | 08.05.2008

Disons que du mépris dans lequel la junte tient depuis trop longtemps les besoins élémentaires de la population à celui avec lequel elle a accueilli les informations relatives à l'imminence d'une catastrophe majeure, en passant par son refus de s'ouvrir aux "aidants" internationaux, il semble que le doute ne soit plus permis...

Ecrit par : Jennifer | 10.05.2008

Partout on se déclare bouleversé par ce drame humain, on tergiverse sur l'attitude à tenir face au comportement de la junte birmane, et on regrette à grands flots d'indignations (sincères) et d'appels à l'action que cela se produise. Mais nulle part on ne dit de quoi il s'agit exactement. Comment et pourquoi une telle incurie est possible. Car, l'incurie meutrière, comme les actions de sauvetages, ça ne s'improvise pas, ça s'organise.

Taire la réalité ne la change pas. Cela n'ajoute qu'une humiliation de plus à ceux qui en subissent déjà trop et un soutien inespéré à ceux qui oppressent.
Dire la réalité ne répare pas le malheur de ceux qui la souffre mais, à tout le moins, cela leur restitut une partie de ce que le silence leur dérobe : la dignité.

"Nargis n’est pas une catastrophe naturelle, c’est un crime politique" :
Sur Not Zugzwang, la réalité est dite. Vous faites taire le silence. Et, une dignité est rendue.

Ecrit par : Sébastien Turcat | 15.05.2008

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