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14.05.2008
Un fil ténu
Andrej Hosov appartient à la Youth initiative for Human Rights, organisation de défense des droits humains. Il fait entendre dans un article du journal Le Monde une voix « originale » à propos des récentes élections qui se sont tenues en Serbie.
Le journal rapporte en effet : « Andrej Hosov (…) s'insurge à l'idée d'une coalition réunissant le SPS et le DS, le parti de Zoran Djindjic, le premier ministre assassiné en mars 2003, quelques mois après avoir fait transférer Slobodan Milosevic à La Haye : "Un tel gouvernement signifierait qu'il n'y a plus de valeurs morales." ». On peut rajouter que cela bafoue des valeurs politiques fondamentales qui font le socle de toute démocratie.
Le Parti démocrate et pro-européen DS qui a remporté les élections ne pourra gouverner que s’il fait alliance avec une autre force politique représentative. Son chef - Boris Tadic -, choisi donc de s’adresser au SPS héritier de Milosevic pour ce faire. Ce parti apparaîtrait comme l’option la solution la « moins pire » que pourrait offrir l’échiquier politique serbe.
L’enthousiasme très légitime susité chez les démocrates européens par le succès du DS leur fait passer un peu vite sur un « détail ». Le SPS n’a jamais renié Milosevic, criminel contre l’humanité. Au moment de son enterrement, cette organisation politique a même « réussi à donner à l'événement un caractère officiel ».
Gagner la population serbe à l’Union européenne, à la démocratie et aux droits humains, est un enjeu crucial. Et il est vrai que l’on a peur de briser l’élan fragile qui pousse ce peuple en des parages politiques sains et respectueux des droits humains. Le vote des Serbes ce mois-ci a témoigné de la réalité de cet élan.
Mais ces élections ont aussi laissé une large place à des choix ultranationalistes et anti-européens, à tel point que le DS n’envisage de gouverner qu’avec un parti politique qui n’a jamais renié Milosevic.
Les Serbes ne sont, malgré leurs remarquables avancées, pas au bout du chemin. Nous nous devons donc d’éviter de faire comme si l’affaire était entendue, notamment en ce qui concerne leur intégration à l’UE. Un gouvernement incluant le SPS n’est pas représentatif d’un pays apaisé et respectueux des droits humains.
19:50 Publié dans Fondements - Droits humains , International , Politique Mondiale , Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Europe, Serbie, droits humains, actualité













