24.07.2008
Une ville "propre" et "occidentale".
Dans un article du journal Le Monde en date du 19 juillet 2008, Salvatore Aloïse rapporte les mots de Silvio Berlusconi à propos de Naples, pour l'instant débarrassée de ses tonnes de déchets: "La ville, a-t-il constaté, est redevenue "propre" et "occidentale". De même, La Tribune cite la phrase du Cavaliere: "Naples et Campania sont à nouveau des villes occidentales, propres et ordonnées". Nous en concluons donc que ce qui n'est pas occidental est sale. Dont acte.
Avec l'animalisation, le recours au registre de la saleté fait partie des classiques du discours raciste. Silvio Berlusconi nous en livre ici un exemple en creux. Cette phrase aurait peut-être dû être davantage relevée et commentée qu'elle ne l'a été.
12:20 Publié dans Fondements - Droits humains, International, Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Politique, actualité, Italie, Berlusconi, Europe, droits humains, racisme
















Commentaires
Etes vous bien certaine que cette phrase appelle à commentaire ?
N'est-ce pas, justement, le propre des immodérés que de toujours glisser dans leur propos des petits mots qui suscitent des commentaires ?
N'est-ce pas leur approche marketing que de dire des banalités discrètement gonflées de petits mots douteux qui vont leur faire de la publicité parce qu'ils seront repris et critiqués ensuite ?
Ecrit par : Enclume des nuits | 24.07.2008
Il ne s'agit pas là d'un "petit mot douteux", ne vous en déplaise, mais d'une phrase à consonances racistes qui reflète la manière de penser d'un Chef de gouvernement de l'Union européenne. C'est tout sauf un détail, et il est gênant que cela passe inaperçu.
Ecrit par : Jennifer | 24.07.2008
On ne connaît de ceci que des bribes de traductions, c'est tout de même léger pour penser que cela reflète la manière de penser de Berlusconi. Vous arrivez à cette conclusion parce qu'on peut savoir par ailleurs de lui.
Mais, au risque de me répéter, ce petit mot (c'est un mot parmi mille, il n'est pas au coeur du sujet qui est la gestion des détritus dans les villes italiennes, il n'éclaire en rien le sujet) peut très bien n'être qu'un artifice de communication, un peu comme lorsque Le Pen fait des chambres à gaz un détail de l'Histoire.
Ca génère du bruit, or c'est le bruit qu'affectionne l'extrême droite, puisqu'elle n'a pas de cohérence politique de fond. Ce bruit, c'est autant de publicité, autant de faciliter à se poser en paria, tout ça pour des mots qui peuvent facilement prendre un sens ou un autre.
Ainsi, il sera facile pour Berlusconi d'arguer que par « occidentale », il voulait dire comparable aux autres villes (dites) occidentales, sans pour autant dire quoi que ce soit quant à l'Orient, par opposition au tiers-monde (qui est, par définition, moins salubre, même s'il y a de beaux quartiers même dans les pays les plus miséreux).
Ecrit par : Enclume des nuits | 24.07.2008
Il n'est pas besoin de savoir de qui émane un discours - fut-il court - pour le comprendre, et encore moins lorsqu'il est émaillé de certains éléments de langage à mêmes de nous faire "tilter".
Par ailleurs, nos avis divergent en matière de "stratégie". En effet, il ne me semble pas efficace de laisser un adversaire politique comme Berlusconi occuper tout l'espace en espérant qu'il finira malgré tout par ne nuire qu'à la marge à la démocratie: tel ne sera pas le cas.
Ecrit par : Jennifer | 24.07.2008
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