31/08/2008
Passage de témoin
Le Premier ministre Sillvio Berlusconi endette son pays en estimant trouver un accord avec le colonel Mouammar Kadhafi au sujet du l'indemnisation de la Lybie pour la période de colonisation que l'Italie lui a fait subir.
En effet, une démocratie telle que l'Italie doit concevoir le dédommagement à proposer à un peuple qui a pâti de la politique passée de l'Etat italien d'une manière bien particulière : ce dédommagement doit s'inscrire dans le cadre du respect et de la promotion des droits fondamentaux de la population qui fut victime. A défaut, une telle indemnisation n'a aucun sens.
On s'interroge donc : comment se fait-il que l'Italie estime s'acquitter d'une dette envers le peuple lybien en rémunérant et soutenant le dictateur qui s'est annexé son présent et son devenir à son strict profit ? Il semble évident que ce faisant, l'Etat italien crée une nouvelle dette envers le peuple lybien, puisqu'il soutien un dirigeant qui foule au pieds les droits humains de ce dernier.
Cela ressemble à un passage de témoin, de l'Etat oppresseur que fut jadis l'Italie en Lybie, à l'Etat dictatorial qu'est incontestablement l'Etat du pas drôle du tout Mouammar Kadhafi.
Ce faisant, l'Etat italien ne s'endette pas uniquement vis-à-vis des Lybiens persécutés, mais à plus large échelle. En effet, le « dédommagement » est notamment proposé en échange d'un renforcement de l'aide de la Lybie pour la gestion des mouvements migratoires illégaux.
Or la FIDH, Migreurop, ou Amnesty International, etc., ont toujours souligné combien il est irresponsable et dangereux de confier une telle mission à un Etat qui ne respecte notamment pas la Convention de Genève sur les réfugiés, etc.
Une démocratie établie de longue date collabore donc en accord avec l'Union européenne à une politique de contrôle des flux migratoires qui promet d'être violatrice des droits fondamentaux de la personne : encore une défaite.
18:35 Publié dans Fondements - Droits humains, International, Lybie, Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, actualité, Lybie, Italie, droits humains, Khadafi, Berlusconi
12/08/2008
Capitulation
Une démocratie pro-européenne - francophile -, alliée de l'OTAN, est en train de se faire écraser par la botte russe et l'Union européenne reste de marbre. La France prétend à la neutralité. Elle fait galoper un peu partout son Ministre des affaires étrangères avec des offres de médiation. Il doit les soumettre pour approbation aux tyrans qui foulent au pieds tout ce que représentent nos démocraties. Pourtant, c'est aussi la France, l'Allemagne, l'Angleterre, etc., que les would be Csars veulent forcer à mettre un genou en terre. Leur main de fer - servie par un gant de plomb - se ressent dans leurs nauséeuses affirmations selon lesquelles le gouvernement de Saakachvilii serait génocidaire.
Le Président Sarkozy lui-même est allé à la rencontre des tristes sires Medvedev et Poutine pour les caresser dans le sens du poil, ces dictateurs maîtres ès violence - il est vrai que le Président français s'est déjà déplacé pour moins que cela, et dans des contextes tout aussi dévastateurs et humiliants pour notre démocratie. Seuls les États-Unis haussent le ton, quoique tardivement. Même si la dictature russe décide de ne pas aller jusqu'à conquérir la Géorgie, elle aura gagné cette guerre. L'issue de ce conflit est en effet le fruit des reculades, renonciations et lâchetés des démocraties occidentales, et avant tout de celles de l'Union européenne. Cette communauté d'État s'est volontairement soumise et mise hors du coup, plus sûrement que n'auraient pu le faire les Poutine et Medvedev par la menace et la contrainte.
10:55 Publié dans Fondements - Droits humains, France, Géorgie, Politique Mondiale, Russie, Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, actualités, Géorgie, Russie, droits humains, union européenne, démocratie















