12/08/2008

Capitulation

Une démocratie pro-européenne - francophile -, alliée de l'OTAN, est en train de se faire écraser par la botte russe et l'Union européenne reste de marbre. La France prétend à la neutralité. Elle fait galoper un peu partout son Ministre des affaires étrangères avec des offres de médiation. Il doit les soumettre pour approbation aux tyrans qui foulent au pieds tout ce que représentent nos démocraties. Pourtant, c'est aussi la France, l'Allemagne, l'Angleterre, etc., que les would be Csars veulent forcer à mettre un genou en terre. Leur main de fer - servie par un gant de plomb - se ressent dans leurs nauséeuses affirmations selon lesquelles le gouvernement de Saakachvilii serait génocidaire.

Le Président Sarkozy lui-même est allé à la rencontre des tristes sires Medvedev et Poutine pour les caresser dans le sens du poil, ces dictateurs maîtres ès violence - il est vrai que le Président français s'est déjà déplacé pour moins que cela, et dans des contextes tout aussi dévastateurs et humiliants pour notre démocratie. Seuls les États-Unis haussent le ton, quoique tardivement. Même si la dictature russe décide de ne pas aller jusqu'à conquérir la Géorgie, elle aura gagné cette guerre. L'issue de ce conflit est en effet le fruit des reculades, renonciations et lâchetés des démocraties occidentales, et avant tout de celles de l'Union européenne. Cette communauté d'État s'est volontairement soumise et mise hors du coup, plus sûrement que n'auraient pu le faire les Poutine et Medvedev par la menace et la contrainte.

13/05/2008

Birmanie : une force de réaction rapide

c29891fcbb8b7c7d7ff52d6d00857b7f.jpgDes pays se sont coalisés pour réagir au crime qui consiste à laisser des dizaines de milliers de Birmans croupir dans le cloaque qu’est devenu leur pays. Notamment organisés au sein de l’ONU, ces Etats ont mené une action politique rapide et efficace.

L’Afrique du Sud, la Lybie, la Russie et la Chine se sont mis d’accord. Ils ont constitué un grand mur protecteur – une grande muraille pourrait-on dire -, à l’ombre de laquelle la junte birmane noie sa population dans la pestilence et les eaux croupies.

Une timide initiative du gouvernement français visant à ressusciter quelque chose approchant le droit d’ingérence a en effet été lancée la semaine dernière auprès du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle a été contrée par une force de réaction rapide des dictatures les plus virulentes et nuisibles de la planète – il est vrai que l’on se demande ce que fait l’Afrique du Sud dans ce groupe infernal.

On ne discutera même pas de la situation en Birmanie au Conseil de sécurité de l’ONU.

ce8e69db4265bcd65a66e99633a6dd28.jpgA ce sujet, les propos de John Holmes, chef des affaires humanitaires des Nations unies, que le journal Le Monde rapporte, sont édifiants : « "Je comprends la frustration de Bernard Kouchner, mais pour l'instant, je préfère continuer à dialoguer avec les autorités, car je pense que nous progressons" (…) » .

Le journal précise : « le coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU reconnaît que la coopération de la junte militaire n'est pas "satisfaisante", mais il doute que l'approche française "aide", car "elle pourrait être vue par certains comme une confrontation". »

"Elle pourrait être vue par certains comme une confrontation". Il y a bien un moment où à force de voir des milliers de gens agoniser, on finira bien par admettre que quelque chose de l’ordre de la confrontation doit se produire avec les tyrannies qui écrasent l’humanité !

Ce sont des machines à broyer l’humain. Nous vivons dans des pays dont les régimes politiques ont pour vocation de préserver l’humain ! Il y a entre ces deux types d’entités un antagonisme inéluctable qu’il est vain et dangereux de nier.

D’ailleurs, il semble assez clair qu’il n’y a que dans les démocraties occidentales que nous prétendons le faire.

En matière d’actions appropriées, il n’y a définitivement rien à attendre de l’ONU. Ce n’est pas un scoop, cette organisation est une coquille creuse prise en otage par les pires dirigeants de la planète.

Il faut le faire, quand même, d’oser dire : « pour l'instant, je préfère continuer à dialoguer avec les autorités, car je pense que nous progressons » ! Ces paroles lénifiantes servent à masquer l’inaction et l’abandon d’une population aux prises avec le pire. Comme d’habitude.

d1404bd5b7f5de99eda8200ca2d72b93.jpgRappelons-le: au-delà de l’intervention armée, les démocraties occidentales ont de multiples moyens d’action POLITIQUE sur la scène internationale pour contrer les criminels politiques, qu’ils soient ou non à la tête d’entités étatiques.

Souvenons-nous en tout cas que sans, notamment, le criminel Etat chinois, nous aurions pu intervenir – au besoin militairement – pour secourir des dizaines de milliers de personnes qui vivent en ce moment un enfer.

Mais nous les laissons agoniser et souffrir à l’ombre de la grande muraille des dictatures, et nous préparons pour les jeux olympiques de Pékin.

Heureusement pour la bonne santé mentale de ceux qui iront suivre l’évènement sur place, le PCC interdira l’accès Internet aux sites « malsains ».

02/05/2008

Main de fer dans gant de velours

967670ce90af87244d5a2f9075ea6cd2.pngLes manœuvres de l’oligarchie russe en Abkhazie, le drone géorgien qu’elle a récemment fait abattre, sont autant d’éléments qui doivent renforcer la détermination des démocraties occidentales à protéger la Géorgie, et l’Ukraine. Elles doivent les intégrer à leur cercle.

Ces deux pays ont réussi de remarquables révolutions faisant mentir un quelconque pessimisme historique . Nous partageons avec eux une fraternité en démocratie, même si leur quotidien est plus heurté que le nôtre.

Il faut donc rester rigoureux dans la volonté d’intégrer la Géorgie et l’Ukraine à l’OTAN – intégration qui leur a été promise. Il ne s’agit pas d’attendre complaisamment que la Russie ait trop bien bougé ses pions pour que cette intégration s’avère un jour impossible.

La prudence est de mise pour faire de ces Etats des pays officiellement candidats à l’OTAN. Elle est nécessaire. Mais l’administration Bush a raison de soutenir fermement cette intégration.

Nous pouvons cependant déplorer que l’Union européenne ne soit pas la puissance politique et militaire qu’elle devrait être. La sécurité et la pérennité des démocraties géorgienne et de ukrainienne sont des enjeux cruciaux pour elle.

Pour être à la hauteur des intérêts stratégiques qui la concernent le plus directement, l’UE devrait être à même de leur offrir au minimum une protection militaire, et sans doute une intégration politique.

11/10/2006

Des jours bruns

medium_pieta.3.jpgOn n’en n’est pas au régime fasciste en Russie. A voir ce qui se passe dans ce grand pays, tant pour ce qui concerne la politique extérieure que la politique intérieure, on doit tout de même se demander si ce n’est pas un régime autoritaire à tendances fascistes qui se met en place; et non pas simplement (!) un régime autoritaire dominé par un groupe d’oligarques mafieux.

C’est l’idée du fascisme qui s’impose quand on apprend que Vladimir Poutine et son administration, et le FSB, encouragent plus ou moins directement la xénophobie et ses expressions les plus violentes.

Il en va de même quand on a conscience des rêves d’empires qui étreignent le Dirigeant russe botté, rêves dont la si courageuse petite Georgie est en passe de devenir une victime. L’Union Européenne accepte d'ailleurs sans broncher son sacrifice; les Georgiens sont pourtant comme nos amis Polonais, Tchèques ou Hongrois : civilisés, démocrates etc...

C'est toujours le fascisme qu'évoque la mise en place d'un embryon de culte de la personnalité autour de Poutine; de même pour les jeunes gens invités à s’enrôler dans des mouvements de jeunesse sous le très haut patronage de Vladimir; de même pour une justice aux ordres, pour une presse mise au pas…

Il est vrai que Vladimir Poutine ne brandit pas un corps de doctrines comparable au fascisme mussolinien. Il développe et fortifie plutôt une politique qui se caractérise par un mélange de nationalisme, d’autoritarisme, d’expansionnisme politique et économique, de populisme, mais aussi d’opportunisme.

Cet opportunisme, mêlé à une indiscutable rouerie, permet de faire avaler à l’Occident la pilule amère d’un fatras d’orientations politiques qui nous rappellent un peu trop nos jours sombres.

Parce qu'il s'adapte à des us en vigueur dans certains milieux; parce qu'il se prétend en faveur d'un libéralisme économique et politique; parce qu'il n'est pas dogmatique, Poutine deviendrait fréquentable. Ce que s'il se permet, et qu'on lui permet, c'est en partie ce à quoi l’Europe a lâchement consenti à la veille du Second conflit mondial.

La pillule passe sans trop de mal, par la grâce des accords politiques, énergétiques et économiques, des aides au développement (TACIS) ...

La politique globale russe s’est avérée à plusieurs reprises criminelle contre l’Humanité, négatrice d’un quelconque état de droit. Le Président a pourtant su être extrêmement souple et efficace : malgré toutes les scandaleuses décisions qu’il a prises avec ses alliés ; malgré les crimes contre l’intelligence, contre les corps et la liberté, son gouvernement illustre orgueilleusement le proverbe « fluctuat nec mergitur ».

Le peuple russe semble maté, lui qui n’a fait que passer du servage à l’esclavage totalitaire pour finir (?) dans la sujétion aux oligarques mafieux et KGBistes. Les démocraties occidentales, plus spécialement européennes, décernent enfin un brevet de légitimité à Vladimir, un brevet de démocrate. Contre toute raison, contre toute logique.

Cette onction est bien plus lourde de conséquences que les Chirac et autres Schröder ne peuvent en cauchemarder. Le meurtre d’Anna Politkovskaïa, ils en portent aussi la responsabilité. Ses assassins n’ont rien caché de leur morgue, de leur impunité, de leur cynisme, alors qu’ils tuaient une des rares personnalités susceptibles de donner encore un peu d’espoir à la Russie démocrate.

Cette femme remarquable se pensait peut-être un peu protégée par sa renommée internationale… Ses meurtriers ont démontré qu’ils ne sont pas dupes des hypocrisies Européennes.

05/10/2006

La stratégie poutinienne ne sent pas la rose

medium_rose-petals-pink.jpgOn peut juger que les autorités Géorgiennes ont manqué de prudence en arrêtant les officiers russes convaincus d’espionnage sur le territoire national; on peut estimer qu’elles auraient gagné à être un peu plus discrètes. De la sorte, peut-être que le dangereux blocus mis en place par la Russie aurait pu être évité ; les organes de presse russes aux ordres de Poutine ne relaieraient pas aujourd’hui la menace à peine voilée d’une intervention armée au pays de la Révolution des roses.

Pour un Etat souverain comme la Georgie, agir en catimini pour neutraliser les espions et les renvoyer à leur mère patrie, cela se fait, mais seulement sous certaines conditions : si l’on estime que l’on a davantage à y gagner qu’à y perdre. Ce qu’il y aurait eu à gagner, c’eut été de préserver des relations diplomatiques correctes avec un autre Etat souverain : on peut se méfier l’un de l’autre, mais on peut être assez sensé pour savoir qu’on a intérêt à se ménager mutuellement. Visiblement, les relations Russo-Géorgiennes ne renvoient pas à ce cas de figure.

medium_bouquet.jpgLes responsables de l’Etat géorgien semblent considérer que la souveraineté nationale est directement menacée par les manœuvres des services poutiniens sur le territoire national. Les taire pudiquement, cela ne reviendrait qu’à permettre au successeur du FSB de manœuvrer les coudées franches, son but étant de faire revenir l’ancien satellite dans l’orbite russe.

medium_Rosa.jpgCe que les journaux, dont certains semblent les héritiers de la discipline de la Pravda, appellent « provocation » de la part du petit pays, semble relever de la stratégie de survie : notamment, si elle n’alerte pas l’Union Européenne et les Etats-Unis de ce qui la menace, la fraîche petite démocratie géorgienne risque bien de disparaître, faute de mobilisation suffisante de la part des ses alliés naturels, les démocraties représentatives.

La Georgie se trouve certes actuellement dans une phase de pré-adhésion à l’OTAN. Mais l’OTAN, cela demeure une organisation dominée par les Etats-majors américains, et cela ne suffit pas à la mettre l’abri des appétits de l’Empire slave. Elle a bien évidemment besoin du soutien de l’Union Européenne, qui se doit d’affirmer qu’agresser la Georgie est inenvisageable de la part de la Russie, sous peine de sanctions extrêmement pénalisantes.

Ce serait aux Européens de faire les matois dans ce contexte, à eux de faire passer le message que l’Union est une main de fer dans un gant de velours : il y a des choses qu’elle ne saurait aucunement tolérer, malgré le besoin qu’elle a du gaz russe notamment. Elle y a intérêt : accepter la mise à mort de la jeune et courageuse démocratie géorgienne, c’est accepter l’idée que les pays de l’Est aujourd’hui membres de l’UE puissent un jour être renoncer à la démocratie, et être à nouveau contraints de se remettre dans l’orbite russe.

medium_rosa-blue-parfume.jpgA priori, seule la France et l’Allemagne sont aujourd’hui capables d’impulser une telle politique, le Royaume-Uni ne semblant parfois qu’être un mime des actions américaines. Le salut ne semble devoir venir que d’Angela Merkel, si il vient : Jacques Chirac demeure le seul « poutinophile » parmi les Chefs d’Etats membres de l’UE.